Des testés. (2)
- arttherapieplatbro
- 4 janv. 2021
- 4 min de lecture

Atelier n°2
Objectif : Faire appel aux sens
La météo intérieure du jour.
Choisissez une couleur qui représente votre humeur du jour. Écrivez 5 mots en lien avec la couleur et/ou votre humeur actuelle.
Écrivez ces mots ci-dessous.
> N’hésitez pas à choisir la couleur, la taille et le style de votre écriture.
> N’hésitez pas à mettre en forme votre écriture ou à dessiner si vous le souhaitez!
Parler de soi.
Lorsque vous pensez à Bruxelles, quels mots vous viennent à l’esprit?
Pour vous aider:
Quelle est l’odeur de Bruxelles?
Quelle est la couleur de Bruxelles?
Quelle est la texture de Bruxelles?
Quel est le goût de Bruxelles?
Quel est le bruit de Bruxelles?
…
Caviardons!
Choisissez un extrait du poème de Laurence Vielle.
Lisez plusieurs fois l’extrait jusqu’à ce qu’un terme ou une expression vous “accroche”, puis, bâtissez votre/vos phrase(s) à partir de ça.
Comment caviarder?
– Préparez votre caviardage au crayon à papier.
Mettez des crochets autour des mots et expressions que vous souhaitez garder.
Attention!
Vous n’avez pas le droit de rajouter quoi que ce soit au texte.
Les mots sont lus dans l’ordre, de haut en bas et de gauche à droite.
Vérifiez que ça fonctionne.
Débarrassez-vous au marqueur (ou au bic/stylo/feutre) de tout ce dont vous ne voulez plus !
Pour info, les caviardages qui fonctionnent le mieux sont souvent ceux qui gardent au final assez peu du texte original (une ou deux phrases). Il ne faut pas hésiter à se défaire du texte.
Gommez le crayon.
Ajoutez un titre.
Partagez!
Lettre à Bruxelles.
A. Bruxelles aux tavernes qui brillent dans les jours courts d’hiver phares d’une grande mer tu viens t’y réchauffer Bruxelles la joyeuse multilingue Bruxelles tu dis coeke chouke manneke dikkenek et fritkot Bruxelles où se démènent les héros bafoués des grandes traversées Bruxelles où des poèmes apparaissent sur les pavés seulement aux jours pluvieux Bruxelles mon coeur en miettes au bord des rails je marche à grandes jambes je t’arpente prends-moi dans tes plis caresse-moi sous ton ciel bas enivre-moi ville basse enfouie dans tes entrailles soubassements secrets au palais de Justice gigantesque gâteau schieve architecte sans plan pour l’avenir tous les sans-papiers peuvent s’y abriter Bruxelles aux vélos sans pistes aux embout’ emmène-moi dans ton sac à main Bruxelles aux mouettes qui reviennent l’hiver étirent la mer à tire d’ailes embruns du nord et vagues à l’âme Bruxelles aux arbres qu’on fauche aux espaces verts en disparition aux doucheflux
B. Bruxelles qui tient encore ajustées les pièces d’un puzzle chiffonné entre les doigts des ministres voraces Bruxelles du roi de la reine des princes des princillons Bruxelles des perruches flèches vertes Bruxelles où nos peaux cibles dansent tous les possibles Bruxelles où les semelles des étrangers amènent semences fraîches pour réveiller les visages endormis ville d’eau aux canaux emmurés langues de bois si la Belgique disparaissait il resterait encore Brussel aux langues en feu et en ardeurs l’eau est pour tous mon ami mijn vriend my friend viens t’abreuver Bruxelles des tramways souterrains des baleines jaunes disparues Bruxelles aux neuf sphères aux héros de bd qui escaladent les murs Bruxelles aux choux qui poussent encore porte de Hal aux chercheurs de trésors entre les pavés de la place du Jeu de Balle au Greenwich effacé les échiquiers tu les trouves de quatorze à vingt-trois heures aux halles Saint-Géry C. Bruxelles aux belladones du quartier des Tanneurs Bruxelles aux cafés suspendus Bruxelles la fêlée la trouée Brussel en travaux la sans-tunnels aux milliers de sentinelles trop is te veel Bruxelles XXL Brussel XXSmall tu fais un pas tu es au Maroc un pas encore au Matongué un autre pas marché chinois un pas plus loin tu es au port passe la Senne Bruxelles des zinneke de toutes les parades hart boven hard le monde entier y passe aux passoires de l’Europe Bruxelles des technocrates Bruxelles aux boutiques à poèmes aux nuits trouées de jour aux jours troués de nuit les pipes ne sont pas des pipes le ciel vole dans les oiseaux Bruxelles où passent Cliff Rimbaud Verlaine foire du midi un coup de révolver trous de balles fritkots et smoutebollen s’emballent t’as pas cent balles ? Bruxelles des néons roses et mon amour y passe pour toujours
C.Bruxelles des trains des train-train quotidiens troupeaux des travailleurs européens Bruxelles faut la peindre faut la chanter la danser la dorloter la rafistoler la reverdir des grands jardins potagers à chaque déclaration obsolète d’un politique on fait pousser un arbre la ville est une forêt pour fleurir tes poumons je te le dis allez Brussel aux avions qui passent sans crier gare Brussel contre vents et marées avec vents et marées Bruxelles de toutes les guiboles ville des marcheurs des arpenteurs Bruxelles graffes-y tes rêves de ville à foison c’est à toi c’est pour toi ton chant ta voix ton souffle tes pas façonnent Bruxelles terre libre je te déclare ville libre ah non peut-être ? ville des poètes ville des visages à découvert des coeurs ouverts des passants qui battent le pavé faut pas rester enfermé c’est mauvais pour les yeux Brussel c’est une page blanche encore et tu l’écris cette page est pour toi Bruxelles je t’aime.
in POÈMES LAURENCE VIELLE 24 JAN 2018
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